An alarc’h

Merci au contributeur : Elise B

À propos :

La chanson évoque le retour d’exil triomphal du duc Jean IV de Montfort (« an aotrou Yann »), débarquant dans un vaisseau aux voiles 

blanches pour reconquérir la Bretagne

Ce duc, installé par le royaume de France, avait pourtant été chassé quelques années auparavant par les Bretons ; mais, voyant que 

l’indépendance du duché était encore plus menacée sans lui qu’avec lui, ils avaient envoyé une délégation pour qu’il revienne.

Il débarque à Dinard le 3 août 1379 pour reconquérir le trône de Bretagne.

« An Alarc’h » c’est le cygne qui, dans la chanson, assiste à la scène depuis le sommet de la tour du château d’Arvor

Traduction

Un cygne, un cygne d’outre-mer, au sommet de la vieille tour du château d’Armor !

Dinn, dinn, daon ! au combat ! au combat ! Oh! dinn ! dinn ! daon ! Je vais au combat.

Heureuse nouvelle aux Bretons ! et malédiction rouge aux Français !

Dinn dinn, daon ! au combat au combat ! etc.

Un navire est entré dans le golfe, ses blanches voiles déployées ;

Le seigneur Jean est de retour, il vient défendre son pays ;

Nous défendre contre les Français, qui empiètent sur les Bretons.

Un cri de joie part, qui fait trembler le rivage

Les montagnes du Laz résonnent ; la cavale blanche (1) hennit, et bondit d’allégresse ;

Les cloches chantent joyeusement, dans toutes les villes, à cent lieues à la ronde.

L’été revient, le soleil brille ; le seigneur Jean est de retour !

Le seigneur Jean est un bon compagnon; il a le pied vif comme l’oeil.

Il a sucé le lait d’une Bretonne, un lait plus sain que du vin vieux.

Sa lance, quand il la balance, jette de tels éclairs, qu’elle éblouit tous les regards;

Son épée, quand il la manie, porte de tels coups, qu’il fend en deux homme et cheval.

Frappe toujours ! tiens bon ! seigneur duc ! courage ! lave-les (dans leur sang) ! lave-les !

Quand on hache comme tu haches, on n’a de suzerain que Dieu !

Tenons bon Bretons ! tenons bon ! ni merci, ni trêve! sang pour sang !

O Notre-Dame de Bretagne ! viens au secours de ton pays !

Nous fonderons un service, un service commémoratif !

Le foin est mûr : qui fauchera ? Le blé est mûr: qui moissonnera ?

Le foin, le blé, qui les emportera ? Le roi prétend que ce sera lui ;

Il va venir faucher en Bretagne, avec une faux d’argent ;

Il va venir faucher nos prairies avec une faux d’argent et moissonner nos champs avec une faucille d’or.

Voudraient-ils savoir, ces Français, si les Bretons sont des manchots ?

Voudrait-il apprendre, le seigneur roi, s’il est homme ou Dieu ?

Les loups de la Basse-Bretagne grincent des dents, en entendant le ban de guerre ;

En entendant les cris joyeux, ils hurlent : à l’odeur de l’ennemi, ils hurlent de joie.

On verra bientôt, dans les chemins, le sang couler comme de l’eau;

Si bien que le plumage des canards et des oies blanches qui les passeront à la nage, deviendra rouge comme la braise.

On verra plus de tronçons de lances éparpillés qu’il n’y a de rameaux sur la terre, après l’ouragan;

Et plus de têtes de morts qu’il n’y en a dans les ossuaires du pays

Là où les Français tomberont, ils resteront couchés jusqu’au jour du jugement;

Jusqu’au jour où ils seront jugés et châtiés avec le Traître qui commande l’attaque.

L’égout des arbres sera l’eau bénite qui arrosera son tombeau

Dinn ! dinn ! daon ! au combat ! au combat ! Oh ! dinn ! dinn ! daon ! Je vais au combat.

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Paroles :

An alarc’h

( Le cygne ) 

Un alarc’h, un alarc’h tra mor (bis)

War lein tour moal kastell Arvor

Dinn, dinn, daoñ, d’an emgann, d’an emgann, o !

Dinn, dinn, daoñ, d’an emgann ez an

Neventi vad d’ar Vretoned

Ha mallozh ruz d’ar C’hallaoued

Dinn, dinn, daoñ, d’an emgann…

Erru ul lestr e pleg ar mor

E ouelioù gwenn gantañ digor

Degoue’et an Aotrou Yann en-dro

Digoue’et eo da ziwall e vro

D’hon diwall diouzh ar C’hallaoued

A vac’hom war ar Vretoned

Ken e laosker ur youc’hadenn

A ra d’an aod ur grenadenn

Ken e son ar menezioù Laz

Ha froen, ha trid ar gazeg c’hlas

Ken e kan laouen ar c’hleier

Kant lev tro-war-dro, e pep kêr

Deut eo an heol, deut eo an hañv

Deut eo en-dro an Aotrou Yann

An Aotrou Yann a zo paotr mat

Ken prim e droad hag e lagad

Laezh ur Vreizhadez a sunos

Ul laezh ken yac’h evel gwin kozh

Luc’h a daol e c’hoaf p’hen horell,

Ken e vrumenn an neb a sell

Pa c’hoari kreñv, ken kreñv e tarc’h

Ken e taouhanter den ha marc’h

Darc’h atav, dalc’h mat, aotrou dug,

Dav warnehe! ai-ta! bug-ho! bug!

Neb a drouc’h ‘vel a douc’hez-te

N’en deus aotrou nemet Doue!

Dalc’homp, Bretoned, dalc’homp mat !

Arsav na truez ! gwad oc’h gwad !

Itron Varia Breizh, skoaz da vro!

Fest erbedenner, fest a vo!

Dare’ ar foenn; piv a falc’ho?

Dare’ an ed; piv a vedo?

Ar foenn, an ed, piv o fako?

Ar roue gav’ gantañ ‘raio

Dont a ray a-benn ur gaouad

Gant ur falc’h arc’hant da falc’hat

Gant ur falc’h arc’hant er bro-ni,

Ha gant ur falz aour da vediñ

Mar plije gant ar C’hallaoued

Daoust hag int mank ar Vretoned?

Mar plije gant ‘n Aotrou roue

Daoust hag-eñ eo den pe Zoue?

Skrignañ ‘ra bleizi Breizh-Izel

O klevet embann ar brezel

O klevet ar youc’h, e yudont

Gant c’hwezh ar C’hallaoued e reont

En heñchoù, e-berr a welour

O redek ar gwad evel dour

Ken yey ruz-glaou brusk an houidi

Hag ar wazi gwenn o neuiñ

Muioc’h a dammoù goaf, e sklent,

Eget skoultroù goude barr-went;

Ha muioc’h a bennoù-marv,

Eget e karnelioù ar vro

Paotred Bro-C’hall ‘lec’h ma kouezhint

Betek deiz ar varn e c’hourve’int

Betek deiz ar varn hag ar fust,

Gant an Trubard a ren ar rustl

An diveradur eus ar gwez

‘Ray dour benniget war e vez !

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