Le Chant du départ

Merci au contributeur : Charles 56

À propos :

Le Chant du départ est un chant révolutionnaire, écrit par Étienne Nicolas Méhul (pour la musique) et Marie-Joseph Chénier (pour les paroles) en 1794. Cet « hymne » a été pour la toute première fois exécuté à Fleurus afin de célébrer la victoire sur les coalisés. Le Comité de salut public demanda son exécution le 14 juillet 1794 pour célébrer l’anniversaire de la prise de la Bastille. Il fut utilisé lors de la Première Guerre mondiale pour exalter les soldats partant au front lors de la mobilisation.

Histoire

Ce chant dont le titre original était « Hymne de la liberté » fut appelé le « frère de La Marseillaise » par les soldats républicains. Il est composé par Marie-Joseph Chénier (pour le texte) et Méhul (pour la musique) pour la fête de 14 juillet 1794, il est ensuite présenté par Méhul à Robespierre, sans mentionner Chénier, dont le frère André était déjà dans les prisons révolutionnaires. Robespierre le qualifie alors de « poésie grandiose et républicaine qui dépasse tout ce qu’a fait ce girondin de Chénier » et en fit changer le titre. Le chant est tout d’abord exécuté par l’orchestre et les chœurs de l’Institut national de musique le 14 juillet 1794. Il est immédiatement imprimé à près de 18 000 exemplaires et distribué aux 14 armées de la République.

Le chant a survécu à la Révolution, sachant que même durant le Premier Empire, Napoléon qui le préférait à La Marseillaise l’avait érigé en hymne national en 1804 pour remplacer celle-ci.

Après avoir été un symbole de la volonté de défendre la patrie durant les deux guerres mondiales, il est toujours chanté par l’armée française. Valéry Giscard d’Estaing en avait fait son chant de campagne lors de l’élection présidentielle de 1974 ; président de la République, il le faisait souvent jouer au cours de cérémonies officielles avec La Marseillaise.

Utilisation populaire

Le carillon de la place Ducale de Charleville-Mézières sonne les heures, quarts d’heures et demi-heures sur les mesures du refrain du Chant du départ de façon à ce que l’intégralité d’un couplet + refrain soit jouée en 60 minutes. Le carillon de la mairie de Givet, située à une cinquantaine de kilomètres de Charleville, ville natale du compositeur, fait de même.

Ce chant est utilisée dans le roman La Guerre des boutons, ainsi que dans le film d’Yves Robert qu’il a inspiré, lors des victoires remportées par les troupes de Lebrac.

Ce chant est repris dans le générique du film La Victoire en chantant de Jean-Jacques Annaud (1976), renommé Noirs et blancs en couleur.

L’air du refrain est aussi utilisé comme sample au début de la chanson I’m Not Scared des Pet Shop Boys (album Introspective).

Paroles

L’hymne est un tableau musical composé de sept strophes entrecoupées d’un refrain. Chacune de ces strophes est chanté par un individu ou des groupes d’individus différents à laquelles répondent des soldats (« Chant des guerriers »).

Dans le premier couplet (qui est le plus connu), il s’agit par exemple d’un député qui parle à des soldats, il les encourage à se battre pour défendre la République.

Dans le second couplet, il s’agit d’une mère de famille qui donne son fils à la patrie.

Dans le quatrième couplet, il s’agit d’un enfant qui évoque Joseph Bara et Joseph Agricol Viala, deux jeunes Français (12 ans et 13 ans) qui sont morts pour la République. Alors qu’il était entouré de Vendéens qui lui demandaient de crier « Vive le Roi », Joseph Bara aurait alors refusé et lancé : « Vive la République ! », cri pour lequel il fut exécuté sur-le-champ. Quant à Joseph Viala il mourut frappé par une balle en essayant de couper les cordes d’un ponton de l’ennemi. Ses derniers mots furent : « Je meurs, mais c’est pour la Liberté ! ».

Source : wikipedia

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Paroles :

LE CHANT DU DEPART

Premier couplet (Un député du Peuple)

La victoire en chantant

Nous ouvre la barrière.

La Liberté guide nos pas.

Et du Nord au Midi

La trompette guerrière

A sonné l’heure des combats.

Tremblez ennemis de la France

Rois ivres de sang et d’orgueil.

Le Peuple souverain s’avance,

Tyrans descendez au cercueil.

Refrain (Chant des guerriers) :

La République nous appelle

Sachons vaincre ou sachons périr

Un Français doit vivre pour elle

Pour elle un Français doit mourir.

Couplet 2 (Une mère de famille)

De nos yeux maternels ne craignez pas les larmes :

Loin de nous de lâches douleurs !

Nous devons triompher quand vous prenez les armes :

C’est aux rois à verser des pleurs.

Nous vous avons donné la vie,

Guerriers, elle n’est plus à vous ;

Tous vos jours sont à la patrie :

Elle est votre mère avant nous.

La République nous appelle

Sachons vaincre ou sachons périr

Un Français doit vivre pour elle

Pour elle un Français doit mourir.

Couplet 3 (Deux vieillards)

Que le fer paternel arme la main des braves ;

Songez à nous au champ de Mars ;

Consacrez dans le sang des rois et des esclaves

Le fer béni par vos vieillards ;

Et, rapportant sous la chaumière

Des blessures et des vertus,

Venez fermer notre paupière

Quand les tyrans ne seront plus.

La République nous appelle

Sachons vaincre ou sachons périr

Un Français doit vivre pour elle

Pour elle un Français doit mourir.

Couplet 4 (Un enfant)

De Barra, de Viala le sort nous fait envie ;

Ils sont morts, mais ils ont vaincu.

Le lâche accablé d’ans n’a point connu la vie :

Qui meurt pour le peuple a vécu.

Vous êtes vaillants, nous le sommes :

Guidez-nous contre les tyrans ;

Les républicains sont des hommes,

Les esclaves sont des enfants.

La République nous appelle

Sachons vaincre ou sachons périr

Un Français doit vivre pour elle

Pour elle un Français doit mourir.

Couplet 5 (Une épouse)

Partez, vaillants époux ; les combats sont vos fêtes ;

Partez, modèles des guerriers ;

Nous cueillerons des fleurs pour en ceindre vos têtes :

Nos mains tresserons vos lauriers.

Et, si le temple de mémoire

S’ouvrait à vos mânes vainqueurs,

Nos voix chanteront votre gloire,

Nos flancs porteront vos vengeurs.

La République nous appelle

Sachons vaincre ou sachons périr

Un Français doit vivre pour elle

Pour elle un Français doit mourir.

Couplet 6 (Une jeune fille)

Et nous, sœurs des héros, nous qui de l’hyménée

Ignorons les aimables nœuds ;

Si, pour s’unir un jour à notre destinée,

Les citoyens forment des vœux,

Qu’ils reviennent dans nos murailles

Beaux de gloire et de liberté,

Et que leur sang, dans les batailles,

Ait coulé pour l’égalité.

La République nous appelle

Sachons vaincre ou sachons périr

Un Français doit vivre pour elle

Pour elle un Français doit mourir.

Couplet 7 (Trois guerriers)

Sur le fer devant Dieu, nous jurons à nos pères,

À nos épouses, à nos sœurs,

À nos représentants, à nos fils, à nos mères,

D’anéantir les oppresseurs :

En tous lieux, dans la nuit profonde,

Plongeant l’infâme royauté,

Les Français donneront au monde

Et la paix et la liberté.

La République nous appelle

Sachons vaincre ou sachons périr

Un Français doit vivre pour elle

Pour elle un Français doit mourir.

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