Le Lièvre et la Tortue

Nom de l’auteur : Capucine Viguier

À propos :

Jean de La Fontaine écrit la fable « Le Lièvre et la Tortue » en 1668

La moralité se situe dès le début de la fable, « Rien ne sert de courir ; il faut partir à point. » 

Il est inutile de se précipiter quand il est trop tard, mieux vaut commencer à l’heure pour mieux s’appliquer et prendre son temps.

Une trop grande confiance en soi peut également se révéler néfaste. Il ne faut jamais sous-estimer son adversaire et, de surcroît, se montrer trop prétentieux. 

La lenteur, si elle est accompagnée par la persévérance, vaut mieux que l’agilité soutenue par la présomption.

Jean de La Fontaine

La Fontaine est aujourd’hui le plus connu des poètes français du XVIIe siècle, et il fut en son temps, sinon le plus admiré, du moins le plus lu, notamment grâce à ses Contes et à ses Fables

Styliste éblouissant, il a porté la fable, un genre avant lui mineur, à un degré d’accomplissement qui reste indépassable. 

Moraliste, et non pas moralisateur, il pose un regard lucide sur les rapports de pouvoir et la nature humaine, sans oublier de plaire pour instruire.

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Paroles :

Rien ne sert de courir ; il faut partir à point.

   Le Lièvre et la Tortue en sont un témoignage.

   Gageons, dit celle-ci, que vous n’atteindrez point

   Si tôt que moi ce but. Si tôt ? Êtes-vous sage ?(1)

              Repartit l’Animal léger.(2)

              Ma Commère, il vous faut purger

              Avec quatre grains (3) d’ellébore.

              Sage ou non, je parie encore.

              Ainsi fut fait : et de tous deux

              On mit près du but les enjeux.

              Savoir quoi, ce n’est pas l’affaire ;

              Ni de quel juge l’on convint. (4)

   Notre Lièvre n’avait que quatre pas à faire ;

   J’entends de ceux qu’il fait lorsque prêt d’être atteint

   Il s’éloigne des Chiens, les renvoie aux calendes, (5)

              Et leur fait arpenter les landes.

   Ayant, dis-je, du temps de reste pour brouter,

              Pour dormir, et pour écouter

       D’où vient le vent, il laisse la Tortue

              Aller son train de Sénateur. (6)

              Elle part, elle s’évertue ;

              Elle se hâte avec lenteur.

   Lui cependant méprise une telle victoire ;

              Tient la gageure (7) à peu de gloire ;

              Croit qu’il y va de son honneur

       De partir tard. Il broute, il se repose,

              Il s’amuse à toute autre chose

       Qu’à la gageure. À la fin, quand il vit

   Que l’autre touchait presque au bout de la carrière, (8)

   Il partit comme un trait ; mais les élans qu’il fit

   Furent vains : la Tortue arriva la première.

   Eh bien, lui cria-t-elle, avais-je pas raison ? (9)

              De quoi vous sert votre vitesse ?

              Moi l’emporter ! et que serait-ce

              Si vous portiez une maison ?

(*) Sources : Esope : La tortue et le lièvre

 

(1) êtes-vous sensée

(2) léger…de cervelle 

(3) le grain est une mesure de poids valant 1/24 de denier, soit 0,053g. L’expression purger avec l’ellébore était proverbiale par allusion aux Anciens qui soignaient la folie par ce moyen.

(4) ces 2 vers font certainement référence au texte ésopique, dont La Fontaine supprime les détails inutiles.

(5) aux calendes grecques….

(6) les sénateurs romains, dont la majesté est proverbiale

(7) le pari

(8) au bout de la course

(9) n’avais-je pas

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