Le Loup et l’Agneau

Merci au contributeur : Capucine Viguier

À propos :

La fable du « Loup et de l’Agneau » met en évidence une réalité cruelle et à portée universelle : le plus fort exerce son violent pouvoir sur le plus faible sans même avoir à se justifier.

L’issue est connue d’emblée. L’argumentation sincère et logique de l’Agneau est directement balayée par la mauvaise foi du Loup. Le plus fort triomphe toujours des plus faibles comme l’annonce la morale « la raison du plus fort est toujours la meilleure ».

Jean de La Fontaine dénonce ainsi la misérable condition du faible en toute heure et en tous lieux.

Jean de La Fontaine

La Fontaine est aujourd’hui le plus connu des poètes français du XVIIe siècle, et il fut en son temps, sinon le plus admiré, du moins le plus lu, notamment grâce à ses Contes et à ses Fables

Styliste éblouissant, il a porté la fable, un genre avant lui mineur, à un degré d’accomplissement qui reste indépassable. 

Moraliste, et non pas moralisateur, il pose un regard lucide sur les rapports de pouvoir et la nature humaine, sans oublier de plaire pour instruire.

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Paroles :

La raison du plus fort est toujours la meilleure :

            Nous l’allons montrer tout à l’heure (1).

            Un Agneau se désaltérait

            Dans le courant d’une onde pure.

Un Loup survient à jeun, qui cherchait aventure,

       Et que la faim en ces lieux attirait.

Qui te rend si hardi (2) de troubler mon breuvage ?

            Dit cet animal plein de rage :

Tu seras châtié de ta témérité.

Sire, répond l’Agneau, que Votre Majesté

            Ne se mette pas en colère ;

            Mais plutôt qu’elle considère

            Que je me vas (3) désaltérant

                         Dans le courant,

            Plus de vingt pas au-dessous d’Elle ;

Et que par conséquent, en aucune façon,

            Je ne puis troubler sa boisson.

Tu la troubles, reprit cette bête cruelle,

Et je sais que de moi tu médis l’an passé.

Comment l’aurais-je fait si (4) je n’étais pas né ?

       Reprit l’Agneau ; je tette encor ma mère

            Si ce n’est toi, c’est donc ton frère.

       Je n’en ai point. C’est donc quelqu’un des tiens:

            Car vous ne m’épargnez guère,

            Vous, vos Bergers et vos Chiens.

On me l’a dit : il faut que je me venge. »

           Là-dessus, au fond des forêts

            Le loup l’emporte et puis le mange,

            Sans autre forme de procès.

(1) à l’instant même

(2) assez hardi pour

(3) « Tous ceux qui savent écrire et qui ont

étudié, disent « je vais » […] mais toute la cour dit « je va », et ne peut souffrir « je vais », qui passe pour un mot provincial ou du peuple de Paris » (Vaugelas).

Je me vas : forme dite progressive

marquant la continuité de l’action : je suis

en train de me désaltérer.

(4) puisque

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