Les calfats

Merci au contributeur : Emilie G

À propos :

paroles et chant de Christian Desnos

Chanson en hommage aux calfateurs qui ont disparus à l’arrivée des navires à coques d’acier.

Calfater est un déformation du verbe « calfeutrer« . Ce terme signifie « rendre étanche ». Quand les bateaux étaient en bois, la calfatage consistait à introduire une torsade d’étoupe entre deux planches de bordée ou du pont, à l’aide d’un fer plat sur lequel on tapait avec un maillet. L’étoupe est une composante fibreuse produite lors du travail des fibres textiles, notamment du chanvre et du lin. Puis on recouvrait ce joint avec une couche de goudron fondu. Les calfats faisaient fondre le goudron dans un chaudron appelé « pigouillère ». Lorsque le bois de bordée se dilatait, sous l’action de l’humidité, la torsade d’étoupe était écrasée et le joint devenait d’une étanchéité parfaite.

Le calfatage d’un navire était une opération longue et délicate, car il fallait procéder ainsi planche par planche sur toute la coque. Un travail pénible, car selon l’accessibilité, le calfat travaillait souvent dans des positions très inconfortables.

Le métier a presque entièrement disparu aujourd’hui, mais il subsiste des calfats grâce aux quelques bateaux en bois qui sont encore construits selon la méthode traditionnelle.

Cette chanson est originaire de Normandie (1974), probablement de la région du Havre. Un « margat » y est un travailleur à terre dans les ports. Dans la bouche d’un marin, c’est plutôt péjoratif… Le mot « ras » est un déformation des « rails » sur lesquels glissaient les navires en cale sèche.

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Paroles :

Quand un bateau rentre en carè-è-ne, Comme çui-là qu’vous voyez là-bas, 

On voit pas l’mal et toute la pei-ei-ne, Que s’donnent ceux qui sont sur les ras 

Dans l’étoupe, en plein goudronna-a-ge, Vous voyez bien ce tas d’margats 

C’est ma bordée, mon équipa-a-ge, C’est tous calfats, C’est tous calfats !

On trou-ve partout des mini-i-stres

Des sénateurs des députés

Des charpentiers, des ébeni-i-stes

Et même des douaniers retraités

On trou-ve des femmes de ména-a-ge

Des nourrices et puis des soldats

Mais c’qu’on trouve plus, ça c’est domma-a-ge !

C’est des calfats

C’est des calfats ! 

Je l’ju-re sur la pigouillè-è-re

Que j’avions tant d’turbin dans l’temps

Que j’ai vu ma bordée entiè-è-re

Tous les jours en cracher du sang.

Mais à présent sur ma paro-o-le

Adieu maillets et pataras

Avec tout’s leurs sacrées cass’ro-o-les

Y’a plus d’calfats,

Y’a plus d’calfats. 

Maintenant que la tôl’ fait l’borda-a-ge

Y’a plus moyen de faire ses frais

On a supprimé l’calfata-a-ge

Ah! c’est du propre que leur progrès !

Quoi, d’nos fistons, de leurs carriè-è-res ?

Des ingénieurs, des avocats !

Autant brûler la pigouillè-è-re

Faut plus d’calfats,

Faut plus d’calfats !

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