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Bro gozh ma zadoù

1 – Ni, Breizhiz a galon, karomp hon gwir Vro !
Brudet eo an Arvor dre ar bed tro-dro.
Dispont kreiz ar brezel, hon tadoù ken mat,
A skuilhas eviti o gwad.

(Refrain) O Breizh, ma Bro, me ‘gar ma Bro.
Tra ma vo mor ‘vel mur ‘n he zro.
Ra vezo digabestr ma Bro!

2 – Breizh, douar ar Sent kozh, douar ar Varzhed,
N’eus bro all a garan kement ‘barzh ar bed,
Pep menez, pep traonienn, d’am c’halon zo kaer,
Enne kousk meur a Vreizhad taer!

3 – Ar Vretoned ‘zo tud kalet ha kreñv;
N’eus pobl ken kalonek a zindan an neñv,
Gwerz trist, son dudius a ziwan eno,
O! pegen kaer ec’h out, ma Bro!

4 – Mar d’eo bet trec’het Breizh er brezelioù bras,
He yezh a zo bepred ken beo ha bizkoazh,
He c’halon birvidik a lamm c’hoazh ‘n he c’hreiz,
Dihunet out bremañ, ma Breizh!

Ajouté à la base le 30 octobre 2019

Par : Charles 56

Histoire du chant

Version courte :

Le Bro gozh ma zadoù (Vieux pays de mes pères) est un chant en langue bretonne.

Bien que ne disposant d’aucun statut officiel, il est souvent présenté comme l’hymne de la Bretagne parfois comme l’hymne national de la Bretagne.

Pour apprendre ce chant, vous trouverez un tuto ici : https://pbgmz.wordpress.com/apprendre-le-bro-gozh/

Version longue :

Cette œuvre reprend l’air de l’hymne national du pays de Galles, Hen Wlad Fy Nhadau (Vieille terre de mes pères).

On trouve un équivalent en cornique, la langue celtique apparentée au Breton parlée dans les Cornouailles anglaises, sous le titre Bro Goth agan Tasow (Vieille terre de nos pères), qui reprend aussi l’air de l’hymne gallois.

En breton, les paroles sont celles de l’adaptation qu’en a faite François Jaffrennou en 1898 et qui se sont imposées dans l’usage.

Les origines galloises

Premier enregistrement connu du “Hen Wlad Fy Nhadau” en 1899

Selon la version populaire de ses origines, James James aurait imaginé l’air de la chanson tandis qu’il se promenait au bord du fleuve Rhondda, d’où le fait que le premier nom était Glan Rhondda (Les rives de la Rhondda). Lorsqu’il le chanta à son père Evan James, tisserand et poète de Pontypridd, celui-ci en écrivit les paroles. D’après François Jaffrennou, le processus de transmission a été inverse. Voici ce qu’il explique dans un article en 1935 : le père, « un modeste clergyman, membre du collège des bardes (gallois) sous le nom de Ap Iago » aurait écrit « un dimanche de janvier 1846… un couplet et le refrain d’un hymne patriotique qu’il intitula Hen Wlad Fy Nhadau (Vieux pays de mes pères). Puis il appela son fils James James qui savait jouer de la harpe, et lui demanda de composer un air pour la poésie qu’il venait d’écrire ». La pièce fut jouée publiquement pour la première fois en janvier ou février 1856 à la chapelle de Capel Tabor par une chanteuse appelée Elizabeth John.

En 1895, Williams Jenkyn Jones, missionnaire baptiste gallois envoyé en mission à Quimper en 1882, fait connaitre l’air en Bretagne en l’éditant dans un recueil de cantiques, Telen ar C’Hristen (La Harpe du chrétien). Le cantique 77, le dernier du recueil, s’intitule Doue ha va Bro (« Dieu et mon pays ») et se chante sur l’air de l’hymne gallois Hen Wlad Fy Nhadau.

Contexte de création

La Bretagne connait à la fin du xixe siècle un développement de l’idée panceltique, et les échanges avec d’autres pays celtiques comme l’Irlande, l’Écosse, ou le Pays de Galles gagnent en importance. Ce dernier devient pour certains régionalistes bretons de l’époque un exemple à suivre. À la même époque, et contrairement à ces pays, la Bretagne ne dispose pas d’un hymne, et l’idée d’en adopter un commence à être lancée dans le milieu régionaliste, qui commence à se structurer avec notamment la naissance de l’Union régionaliste bretonne en 1889.

François Jaffrennou, alors étudiant au lycée de Saint-Brieuc, entreprend sous la supervision de son professeur de breton François Vallée d’adapter les paroles de l’hymne gallois en breton. Il s’inspire de ses paroles, tout en utilisant sa maîtrise du gallois pour remonter au texte original sans en faire une traduction littérale, créant la version que l’on connaît aujourd’hui3. Son texte est publié une première fois en 1898 dans l’hebdomadaire, La Résistance de Morlaix, et est imprimé sur feuille volantes avec le sous-titre Henvelidigez (Adaptation). Il paraît dans le recueil de poèmes de Jaffrennou, An Delen Dir, en 1900 (« la harpe d’acier »).

Adoption et diffusion

Livret intitulé « Chants nationaux bretons » et contenant le Bro Gozh.

L’hymne est une première fois chanté lors d’un congrès de l’Union régionaliste bretonne à Guingamp en 1900, mais ce n’est que plus tard que ce mouvement lance un concours pour sélectionner un hymne. Jaffrenou en propose deux, le Sao Breiz izel et le Bro Gozh6. C’est ce dernier qui est choisi par le jury de l’Union régionaliste bretonne et proclamé « chant national », au nom de la fraternité qui rapproche Bretons et Gallois au congrès de Lesneven le 5 septembre 1903.

Une controverse concernant la paternité du morceau éclate quelques années plus tard entre Jaffrenou et Jones. Ce dernier considère que Jaffrenou l’a plagié, et il proteste en 1904 dans une lettre adressée à la librairie Le Dault. Il explique que le texte de Jaffrennou a « une forme un peu modifiée » de sa composition, mais la librairie tranche en faveur de Jaffrennou. Ce dernier sans nier l’origine galloise déclarera plus tard « Je n’ai pas inventé l’air du Bro goz ma zadou. Je l’ai transplanté et popularisé en Bretagne ».

Le morceau commence à être médiatisé lors des années suivantes, et connait plusieurs adaptations. Le 24 avril 1905 a lieu la première exécution publique parisienne à l’occasion de la première de la pièce de théâtre en breton, Marvaill ann Ene Naounek de Tanguy Malmanche9. Une partition pour piano d’Owen Alaw est le fait du père de Camille Le Mercier d’Erm, imprimeur à Niort10. En 1906, Maurice Duhamel écrit une nouvelle harmonisation pour piano et il est enregistré par Pathé frères, de Paris, sur disques phonographiques en 191011. D’autres accompagnements ont été écrits, entre autres, par Georges Arnoux et l’abbé Jean-Louis Mayet, organiste de la cathédrale de Quimper.

Popularisation

L’hymne commence à sortir du cercle des milieux régionalistes dès 1900. Il est ainsi adopté à cette époque par les étudiants bretons de Rennes, qui en font leur chant de ralliementN. 3, et son utilisation est toujours attestée dans les années 1930. Il est à la même époque connu dans les cercles bretons de Paris.

Lors de sa visite à Morlaix le 30 mai 1920, le maréchal Foch, qui avait une résidence près de cette ville, avait prononcé après avoir entendu le Bro Gozh de Taldir : « Votre chant est aussi beau que la langue qui l’exprime et que le cœur qui l’inspire. Gardez bien l’un et l’autre. »[réf. nécessaire]

Il est joué sur les quais de la gare de Guingamp en 1923 pour accueillir le président du Conseil, Raymond Poincaré, venu célébrer à Tréguier le centenaire de la naissance d’Ernest Renan. François Jaffrennou relève qu’en 1930, le président de la République, Gaston Doumergue, a pu aussi écouter son exécution sur le Cours d’Ajot à Brest par une chorale carhaisienne. Le 3 août 1940, il est diffusé par Radio Londres, dans une émission consacrée à la Bretagne15.

Ce chant est entonné par des otages du camp de Chateaubriant avec L’Internationale en breton, le 15 décembre 1941, lorsque le Dr Jacq, militant communiste et médecin au Huelgoat, est fusillé par des soldats allemands15. Le Dr Jacq a dispensé, durant sa captivité, des cours de breton pour les autres otages du camp et mis en place une chorale bretonne.

Il existe plusieurs traductions en français4. La première traduction fut publiée en 1936 par Henry Lemoine, éditeur à Paris, dans le livret Ugent Kanaouen (“20 chants”). D’après Griffiths, cette version aurait été faite par Taldir lui-même. La seconde version est publiée chez le même éditeur en 1933 sous le titre Vieille Terre de Mes Pères. Aucune de ces traductions n’a acquis la popularité de la version en breton. Une version en gallo a été publié par l’hebdomadaire Ya ! le 16 mars 2012. Elle est signée Fabien Lécuyer.

Au centre de Lesneven, ville où il a été lancé solennellement, une place a reçu le nom de « Bro goz ». En 2014, la chaîne France 3 Bretagne lance sur Internet le « défi Bro Gozh », un jeu-concours faisant appel aux internautes pour réinterpréter l’hymne et partager les vidéos au plus grand nombre. Le défi est remporté par la chanteuse Kaelig, accompagnée dans sa vidéo par Dour/Le Pottier Quartet, qui gagne un tour du monde de trois semaines pour promouvoir l’hymne.

Utilisations

L’équipe de Bretagne de football avant le match contre le Cameroun en 1998.

Politiques

L’hymne a été repris à plusieurs reprises par des personnalités politiques bretonnes, ou lors d’événements officiels. En ouverture du procès de l’Amoco Cadiz en 1982 à Chicago par 150 élus bretons, ou par la préfète de région Bernadette Malgorn lors de son départ de la région en 200618.

Ce chant est à plusieurs reprises chanté au sein du Conseil régional de Bretagne, notamment le 24 juin 2011 lors de la visite du Premier ministre du pays de Galles Carwyn Jones19,20, ou lors de l’élection du nouveau président du conseil régionnal Loïg Chesnais-Girard le 22 juin 2017.

Le 22 juillet 2011, dans le cadre du festival de Cornouaille, le Bro Gozh est mis en valeur à l’occasion de la cérémonie du Collier de l’Hermine avec la participation des chœurs de Plomelin et Concarneau.

Le chant national est entonné lors des rassemblements du collectif des Bonnets rouges, à Quimper, à Carhaix fin 2013 ainsi que lors des manifestations à Nantes pour la réunification de la Bretagne (19 avril et 28 juin 2014).

Le 11 janvier 2018, au Couvent des Jacobins à Rennes, les hymnes nationaux gallois et bretons sont interprétés devant Carwyn Jones, Premier ministre gallois, et Loig Chesnais-Girard, président du Conseil régional de Bretagne, par l’Orchestre Symphonique de Bretagne et 160 choristes dont 50 du BBC National Choir of Wales.

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