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C’est Pa…pa…c’est Parisien

1 – Ce n’est pas parc’ que je suis d’Ménilmontant
Mais j’dis qu’Paris vraiment
Est épatant!
On s’fich de tout, on n’prend rien au sérieux
C’est p’t’être pour ça, mon Dieu,
Qu’on est heureux

Se lever joyeux,
C’est pa-pa, c’est parisien…
Chanter quand il pleut
C’est pa-pa, c’est parisien…
Dir’ toujours “tant mieux”
C’est pa-pa, c’est parisien…
Prendre le temps comme il vient
C’est pa-pa, c’est parisien…

2- N’importe où l’Parigot n’est jamais surpris
Car il possède d’ l’esprit
De répartie,
Et il sait pour river leur clou aux ballots
Trouver l’mot rigolo
Le mot qu’il faut

Va donc, eh! outil!
C’est pa-pa, c’est parisien…
Crème de confetti!
C’est pa-pa, c’est parisien…
Va chez Versigny,
C’est pa-pa, c’est parisien…
Crân’ de piaf et bon à rien
C’est pa-pa, c’est parisien!

3 – Tout l’mond’ peut s’ach’ter, chez Cartier, Chez Patou,
Des rob’s ou des bijoux
A des prix fous…
Mais un p’tit trottin peut se fringuer chez nous
Parce qu’il a du goût
Avec quatr’ sous

S’habiller d’un rien,
C’est pa-pa, c’est parisien…
Un bibi sur l’coin
C’est pa-pa, c’est parisien…
Un p’tit sac à main
C’est pa-pa, c’est parisien
Un pépin, un p’tit béguin,
C’est pa-pa, c’est parisien!

4 – Mais parfois l’parigot met tout son bonheur
A devenir frondeur
Et rouspéteur
Il s’plaint du percepteur et d’tous les impôts
Du prix des haricots
Et du gigot

Renauder sur tout
C’est pa-pa, c’est parisien…
Passer hors des clous
C’est pa-pa, c’est parisien…
Dir’ l’argent j’m’en fous
C’est pa-pa, c’est parisien…
Un’ contredans’ qu’on paye bien
C’est pa-pa, c’est parisien

Ajouté à la base le 22 janvier 2020

Par : Georges Milton

Histoire du chant

Georges Milton, de son vrai nom Georges Désiré Michaud, est un chanteur et acteur français, né le 20 septembre 1886 à Puteaux, mort le 17 octobre 1970 à Antibes Juan-les-Pins.

Il était petit, un peu rondelet. Il avait l’air à la ville d’un petit fonctionnaire bourgeois qui venait de quitter son ministère et qui était sur le point de prendre le métro pour se rendre chez lui où, dans son quartier, il n’allait pas s’arrêter au café du coin parce qu’aucun aucun copain ne l’y attendait. – Quant il allait au café, d’ailleurs, c’était pour un prendre un verre d’anisette, le dimanche, en famille. – Son revendeur de journaux lui disait quand même bonjour, de même que sa concierge et il serrait la main à son épicier et son boucher. – Ses conversations se limitaient à la température et à la montée des prix. – À la maison, il était pantouflard, s’attendait à ce que sa femme lui prépare des repas selon les règles et, de ses enfants, il exigeait d’abord et avant tout une obéissance aveugle. Des êtres sans histoires, comme lui, il y en a eu et il y en a toujours des millions sauf que lui, à l’âge de dix-sept ans, il a décidé de monter sur scène.

Au début, il fait dans le genre Dranem et se fait huer. – Il devient chanteur de charme et se fait huer. – Il adopte différents styles comiques et se fait huer. – Quelques fois, dans une salle pas trop difficile, il obtient un certain succès, ce qui l’encourage. – Car notre bonhomme est travailleur et courageux.

Remarqué par Maurice Chevalier, qui le surnomme Bouboule, il se fait peu à peu une certaine réputation de chanteur léger : en 1920 il est au Casino de la Porte Saint-Martin ; en 1922 il tourne un film avec Maurice Chevalier, Gonzague (Henri Diamant-Berger) aux côtés de Florelle, Marguerite Moreno et Albert Préjean ( il a alors 34 ans mais presque dix-huit ans de métier !) puis, petit à petit, il se tourne vers l’opérette et c’est le miracle :

C’est que cet homme, aux allures conventionnelles, a besoin d’une mise en scène pour être “lui-même” :

Dranem n’avait qu’à se montrer en scène pour que le rire éclate, Polin jouait les naïfs, Mayol et Fragson jouaient dans la fantaisie, Delmet poussaient la romance, Georgius gambinait, Chevalier, Mistinguett dansaient, menaient des revues. d’autres avaient de grands physiques, de belles gueules, mais Bouboule ?

Bouboule, avec son costard trois pièces, sa petite taille, sa rondeur, n’avait rien de tout cela sauf que derrière son allure banale, il était débrouillard, entreprenant, énergique, enthousiaste, impulsif et lorsque le public a finalement pu saisir ce personnage, il est devenu “national” : tous les Français finirent pas se reconnaître en lui.

En 1927, dans une opérette sans conséquence, Le Comte Obligado (A. Barde, R. Moretti), il crée une chanson, drôle, sans plus, mais au refrain incontournable : “La fille du Bédouin”. – En 1925 et 1926, il avait bien enregistré “La trompette en bois” (Scotto), “J’aime pas ça” (Fred Pearly) et même deux autres demi-succès de deux autres opérettes (“Quand on veut être heureux” de M. Yvain et “Pourquoi qu’les p’tits oiseaux n’jouent pas de la mandoline” de Veber, Pares et Van Parys) mais rien de comparable à ce qui devait arriver à cette scie que devint “La fille du Bédouin”qui, depuis sa création, n’a jamais été retirée du catalogue. – Et ce n’était qu’un début. – Suivirent :

Tout au long des années trente, il est incontournable. Il tourne au moins un film par an et il est sur toutes les scènes.

Cet homme qui ressemblait à tout le monde ne pouvait plus aller nulle part sans qu’on le reconnaisse, sans qu’on lui tape dans le dos, sans qu’on lui offre un verre.

Sous l’occupation, ses talents sont mis à contribution. – Il chante un refrain au sens ambigu :

Nous les Français

Nous n’aimons pas sans raison

Recevoir des coups de bâtons

Pourtant nous trouvons normal

Le bâton d’un Maréchal…

Il remonte sur scène en 1946, tourne deux autres films puis, à soixante ans, il décide qu’il est temps de prendre sa retraite.

Georges Désiré Michaud, alias Georges Milton, alias Bouboule, né le 20 septembre 1888, se retire dans sa villa d’Antibes d’où il ne sortira que pour quelques émissions de télévision en 1964 et où il mourra le 19 août 1970.

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