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Hymne du 9 Thermidor An III

1 – Salut ! thermidor, jour de la délivrance,
Tu viens purifier un sang ensanglanté !
Pour le seconde fois, tu fais luire à la France
Les rayons de la liberté ;

2 – Chantres républicains, célébrez la victoire ;
Vierges du peuple franc, couronnez-vous de fleurs ;
Pères, enfants, époux, bénissez la mémoire
Du beau jour qui sécha vos pleurs.

3 – Le sommet de l’Olympe a vu réduire en poudre
Les superbes géants par la terre enfantés ;
Au sénat de la France, ainsi tombait la foudre
Sur les tyrans épouvantés.

4 – En vain, pour conserver un sanguinaire empire,
A tes yeux, ô soleil ! ils cachaient leur fureur ;
Ivre du sang humain, leur troupe en vain conspire
Avec la nuit et la terreur.

5 – Ne crains plus d’éclairer le triomphe des crimes ;
Remplace de ta sœur l’astre silencieux ;
Les oppresseurs vaincus vont suivre leurs victimes ;
Tu peux remonter dans les cieux.

6 – Le peuple et le sénat ont repris leur puissance ;
Leur voix des noirs cachots rompt les portes d’airain ;
Échafauds, où le crime égorgeait l’innocence,
Tombez à ce cri souverain !

7 – Renverse, ô liberté ! cet autel homicide
Où l’horrible anarchie, un poignard à la main,
Comme autrefois Diane aux monts de la Tauride,
S’apaisait par du sang humain.

8 – Vous, que chante en pleurant l’amitié solitaire,
Femmes, guerriers, vieillards, beauté, talents, vertus,
Vous ne reviendrez plus consoler sur la terre
Vos parents, qui vous ont perdus.

9 – Ah ! de vos noms sacrés la mémoire chérie
Peut du moins quelquefois soulager nos douleurs ;
Du moins sur vos tombeaux la plaintive patrie
A nos pleurs mêlera ses pleurs.

10 – Vous accusez, du fond de vos augustes tombes,
Les coupables vengeurs qui vous ont outragés ;
C’est par de sages lois, non par des hécatombes,
Que vos amis seront vengés.

11 – Oui, pour la République un nouveau jour commence :
Nous verrons, à la voix de vos mânes proscrits,
L’humanité dressant l’autel de la clémence
Sur vos respectables débris.

12 – Première déité, des lois source immortelle,
Toi, qu’on adorait même avant la liberté,
Toi, mère des vertus, véritable Cybèle,
Touchante et saint Humanité !

13 – Unis des intérêts qui paraissaient contraires ;
Un cœur qui sait haïr est toujours criminel :
Au festin de l’oubli viens rassembles des frères,
Pressés sur ton sein maternel.

Ajouté à la base le 16 novembre 2022

Par : L'équipe CANTO

Histoire du chant

Auteur : Anonyme

Date : Juillet 1794

Ce jour-là, Robespierre est arrêté suite à un décret de la Convention voté contre lui. Figure de la Révolution et de la Terreur qui s’en suivit, Robespierre était un fervent partisan de la guillotine. Il finira guillotiné le lendemain de son arrestation, le 10 thermidor an III (soit le 28 juillet 1794, à 36 ans). Pour ses contemporains, son arrestation et sa mort signifient le démantèlement du régime de la Terreur.

Hymne du 9 Thermidor An III - Robespierre arrêté

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