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Je cherche fortune (courant)

JE CHERCHE FORTUNE

1 – Chez l’ boulanger (bis)
Fais-moi crédit (bis)
J’ n’ai plus d’argent, (bis)
J’ paierai sam’di (bis)
Si tu n’ veux pas (bis)
M’ donner du pain (bis)
J’ te cass’ la gueule (bis)
Dans ton pétrin (bis)

(Refrain) Non, c’est pas moi, c’est ma sœur
Qu’a cassé la machine à vapeur
Ta gueule (ter)
Je cherche fortune !
Autour du Chat Noir
Au clair de la lune
A Montmartre, le soir

2 – Chez l’ pharmacien …
… M’ donner d’ potion
J’ te cass’ la gueule
Dans tes flacons

3 – Chez l’aubergiste …
… M’ donner un’ chambre
J’ te cass’ la gueule
Et les cinq membres

4 – Chez M’sieur l’ curé …
… Nous mari-er
J’ te cass’ la gueule
Dans l’ bénitier

Ajouté à la base le 17 octobre 2019

Par : Lancelot G

Histoire du chant

Je cherche fortune, tel que nous le chantons, est manifestement un assemblage de trois chansons différentes: les couplets d’une part, l’interlude d’autre part et pour terminer le refrain; en effet seuls quatre vers (Je cherche fortune…) sont empruntés à la chanson Le Chat Noir d’Aristide Bruant (1884); dans celle-ci ils sont répétés deux fois.

A l’époque, le “Caveau du Chat Noir”, premier cabaret de Pigalle, situé au pied de la butte Montmartre dans le 18ème arrondissement de Paris, était une sorte d’académie : on y récitait du Jean Richepin, de l’Haraucourt, du Rollinat etc., Des aristos, de grands bourgeois y croisaient des “horizontales”, Hugo, Aristide Bruant, Boris Vian, Gréco, Patachou, Michel Simon, Gainsbourg… de grands noms vinrent y boire de l’absinthe, réciter des poésies ou chanter leurs compositions. Le théâtre d’ombres y a été créé, qui devait assurer sa fortune ; on y jouait des pièces. C’était le berceau et la rampe de lancement de presque tous ces artistes de grande renommée.

L’air chanté actuellement n’a, à l’exception du refrain, rien à voir avec celui du Chat Noir. Pour celui-ci, Bruant a emprunté la mélodie à l’hymne Occitan Aquelas Montanhas, mieux connu sous le titre Se canta. De 3 temps il l’a adapté en 4 temps.

En voici deux interprétations.

La première, en occitan normalisé.

La seconde est interprétée par Andre Dassary originaire de Biarritz en pays basque qui la chante en occitan de Biarritz.

Ci-après le texte, dans sa version normalisée, celle de Biarritz, ainsi que sa traduction en français.

Occitan normalisé

Repic :

Se canta, que cante !

Canta pas per ieu,

Canta per ma mia

Qu’es al luènh de ieu.

1. Dejós ma fenèstra

I a un aucelon

Tota la nuèch canta

Canta sa cançon.

2. Aquelas montanhas

Que tan nautas son

M’enpàchan de veire

Mas amors ont son

3. Baissatz-vos montanhas !

Planas levatz-vos !

Per que pòsqu veire

Mas amors ont son.

4. Aquelas montanhas

Tan s’abaissaràn

E mas amoretas

Se raprocharàn.

Occitan de Biarritz

Repic :

Se canto, que canto

Canto pas per yo

Canto per ma mio

Qu´es al lent de you

1. Devath ma finèstro

Ya un auselon

Touto la noeit canto

Canto sa canson

2. Aqueros montagnos

Qué tan aoutos sount,

M´empatchon de bésé

Mas amous oun sount.

3. Baïssas bous mountagnos

Planos aoussas bous!

Perque posqui bésé

Mas amous oun sount.

4. Aqueros montanhos

Tan s’abaicharàn

E mas amuretos

Que raprucharàn

Français

Refrain :

S’il chante, que chante-t’il ?

Il ne chante pas pour moi

Il chante pour ma mie

Qui est loin de moi.

1. Sous ma fenêtre

Il y a un oiselet

Toute la nuit il chante,

Chante sa chanson.

2. Ces montagnes

Qui sont si hautes,

M’empêchent de voir

Où sont mes amours.

3. Baissez-vous, montagnes,

Plaines, dressez-vous,

Pour que je puisse voir

Où sont mes amours.

4. Ces montagnes

S’abaisseront bientôt,

Et mes amours

Se rapprocheront.

Ce chant est attribué à Gaston Phébus (1331-1391); il n’y a pas d’usage réglementé en tant qu’hymne. On le chante souvent à l’occasion de matchs de rugby et il a été utilisé quasi officiellement lors des Jeux Olympiques de 2006 à Turin pour montrer un attachement à l’Occitanie.

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