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La Fanchette

1 – Amis, quittons cette assemblée
Et fuyons le son des binious !
Que l’on remplisse ma bolée
D’eau de vie et de cidre doux
Je vas vous conter une histoire
Verse à boire !
Plus belle qu’un Sône Breton
Buvons donc !

2 – Vous connaissez tous la Fanchette
Que j’aimais avant d’embarquer
C’était ben la plus mignonnette
Des garçailles à reluquer
Entre la Vilaine et la Loire
Verse à boire !
Entre Douarnenez et Redon
Buvons donc !

3 – Elle avait promis de m’attendre
Jusqu’à mon retour du Tonkin
Mais elle avait le cœur trop tendre
Pour être femme de marin
Quand j’ai doublé le promontoire
Verse à boire !
Je n’ai point vu son cotillon
Buvons donc !

4 – Pendant que je faisais campagne
Tout là-bas, aux lointains Pays
Elle a quitté notre Bretagne
Avec un monsieur de Paris !
Pour la chasser de ma mémoire
Verse à boire !
Pour oublier son abandon
Buvons donc !

4 – On m’a conté que la Fanchette
Avait un renom très fameux
Que ses baisers… que l’on achète
Se payaient des prix fabuleux
Ami ! pour trinquer à sa gloire
Verse à boire !
A la santé de la Gothon
Buvons donc !

5 – Si je retrouve l’infidèle
Un jour dans la Ville d’enfer
Je saurai me venger sur elle
Des chagrins que j’aurai soufferts
Je briserai ses dents d’ivoire
Verse à boire !
L’écraserai sous mon talon
Buvons donc !

Variante : Je lui briserai la mâchoire
Verse à boire !
J’écraserai son blanc téton

Buvons donc !

6 – Si la première, elle se fâche
Et me fait chasser comme un chien
Je l’aime tant ! je suis si lâche !
Je ne lui reprocherai rien
En baisant sa robe de moire
Verse à boire !
Je lui demanderai pardon
Buvons donc !

Ajouté à la base le 3 novembre 2019

Par : Thomas B

Histoire du chant

Jean-Baptiste-Théodore-Marie Botrel, né le 14 septembre 1868 à Dinan, mort le 26 juillet 1925 à Pont-Aven, où il est inhumé, est un auteur-compositeur-interprète français. Il est l’auteur de La Paimpolaise.

Botrel

Un breton gallo

Né à Dinan, d’un père breton originaire de Broons, et d’une mère alsacienne1, il vécut à Saint-Méen-le-Grand au Parson, chez sa grand-mère paternelle Fanchon jusqu’à l’âge de sept ans, puis rejoignit à Paris où ses parents étaient partis quelque temps auparavant pour tenter d’y faire fortune.

Originaire de Haute-Bretagne (la partie de la Bretagne où l’on parle le gallo, une langue romane), il n’apprit le breton (parlé en Basse-Bretagne) que sur le tard, et la quasi-totalité de son œuvre est en français.

Vie de famille

Théodore Botrel s’est marié deux fois :

le 19 avril 1891 à Paris avec Hélène Lutgen dite « Léna » (née à Beaufort au Luxembourg le 18 janvier 1861 et morte à Pont-Aven le 11 juillet 1916) ;

avec sa deuxième épouse, Maïlise, il a deux filles dont l’ainée, Léna, épouse l’écrivain Émile Danoën, et la cadette, Janick, est la mère du chanteur Renaud Detressan. Ce dernier a d’ailleurs repris certaines chansons de son grand-père dans l’enregistrement Airs de famille, paru en 2009.

Des débuts difficiles

Vers l’âge de 16 ans, il fait partie d’une troupe de théâtre amateur où il fait jouer sa première pièce Le Poignard. Il commence également à écrire quelques chansons et sort sa première imprimée Le Petit Biniou à dix-huit ans. Elle n’eut aucun succès, un autre Biniou étant déjà sorti quelques années auparavant. Parallèlement, il tente plusieurs métiers, dont apprenti serrurier et avoué.

Il s’engage alors pour cinq ans dans l’armée et à son retour travaille comme employé de bureau à la Compagnie des Chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM). Il joue en parallèle dans une petite troupe de théâtre, auprès, entre autres, de celui qui allait devenir le chanteur-fantaisiste Dranem et continue d’écrire quelques chansons, qui n’obtiennent que peu de succès.

L’affaire Dreyfus et la Ligue de la patrie française

À l’époque de l’Affaire Dreyfus, comme les peintres Edgar Degas et Auguste Renoir, les écrivains Pierre Louÿs et Frédéric Mistral, etc., Botrel appartint à la Ligue de la patrie française, ligue antidreyfusarde modérée.

Le succès

La Paimpolaise

Mais un soir, dans un célèbre café-concert de Montmartre, Le Chat Noir4, il remplace un chanteur absent et chante quelques-unes de ses œuvres dont La Paimpolaise créée en 1895 au Concert parisien dont la musique sera finalement signée par son ami pianiste Eugène Feautrier (1849-1898)5. Botrel s’est inspiré de l’ouvrage de Pierre Loti Pêcheur d’Islande pour le thème de sa chanson. Ce sera la gloire. Celle-ci reste au répertoire de Félix Mayol jusqu’à sa mort en 1941. On remarquera qu’il y chante « J’aime Paimpol et sa falaise », alors qu’à Paimpol même il n’y a pas de falaise6. En réalité, Botrel ne connaissait pas Paimpol lorsqu’il créa la chanson et n’y viendra qu’une seule fois en 1897 pour le « pardon des Islandais ».

Le mouchoir rouge de Cholet.

En créant sa chanson Le mouchoir rouge de Cholet7 et en la chantant dans cette ville en 1900, Botrel inspira un patron-tisseur, Léon Maret, à créer ce mouchoir qui est devenu le symbole de la cité. Lors de la fermeture en 2004 du dernier tissage de Cholet, la municipalité a racheté un métier à tisser pour fabriquer le mouchoir rouge dans l’enceinte du Musée du textile.

Le petit grégoire

Titre issu des chansons de la Fleur de lys qui rendent un hommage aux vendéens de la Vendée militaire et aux Chouans mainiots, normands et bretons.

Ma p’tite Mimi

On retiendra ses chansons patriotiques du temps de la Grande Guerre, dont la célèbre Ma p’tite Mimi, plus tard reprise par Pierre Desproges.

En mai 1915, Théodore Botrel écrivit le poème La Vierge du clocher d’Albert, en hommage aux Bretons du 11e corps d’armée tombés au combat devant cette ville picarde.

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