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Le Sire de Fisch-Ton-Kan

1 – Il avait un’ moustache énorme,
Un grand sabre et des croix partout,
Partout, partout !
Mais tout ça c’était pour la forme,
Et ça n’servait à rien du tout,
Rien du tout,
C’était un fameux capitaine
Qui t’nait avant tout à sa peau,
A sa peau !
Un jour il voit qu’son sabre l’gêne,
Aux enn’mis, il en fait cadeau,
Quel beau cadeau !

(Refrain) V’là le sir’ de Fisch-ton-Kan
Qui s’en va-t-en guerre,
En deux temps et trois mouv’ments,
Sens devant derrière,
V’là le sir’ de Fisch-ton-Kan
Qui s’en va-t-en guerre,
En deux temps et trois mouv’ments,
Badinguet, fich’ ton camp,
L’pèr’, la mèr’,Badingue,
A deux sous tout l’paquet,
L’pèr’, la mèr’Badingue,
Et le p’tit Badinguet !

2 – Comm’ diplomat’, c’était un maître,
Il en r’montrait aux plus malins,
Aux plus malins,
Mais il ne l’faisait point paraître,
Pour ne pas humilier ses voisins,
Ses voisins,
La politiqu’, c’est un’ roulette,
Rouler, on ne sort jamais d’là,
Jamais d’là,
Mais lui roulait sa cigarette,
Puisqu’il ne pouvait rouler qu’ça,
Vait rouler qu’ça.

3 – Des pieds et des mains tout’sa vie,
Il avait tant fait qu’certain soir,
Qu’certain soir,
Sur le trône, objet d’son envie,
Il avait fini par s’asseoir,
Par s’asseoir !
Depuis sans crainte et sans secousse,
Il veillait au trésor surtout,
‘Sor surtout :
En y mettant quatr’ doigts et l’pouce,
Histoir’ d’avoir la main partout,
La main partout !

4 – Il était d’un’ force incroyable,
Il inventa plus d’cent canons,
D’cent canons,
Mais l’bruit lui f’sait un’ peur du diable,
Puis ça troublait ses digestions !
Digestions !
Un jour pourtant, jour héroïque,
Il vit un pétard éclater.
Éclater :
Mais il en eut un’ tell’ colique,
Que tout l’monde en fut ennuyé,
Fut ennuyé.

5 – Un beau jour, il avait pris femme,
Comme le sir’ de Framboisy,
De Framboisy,
Et tout marchait sur la mêm’ gamme,
C’était un ménage assorti,
Assorti.
Sur l’air connu d’la reine Hortense,
Ell’ lui disait d’sa plus douc’ voix,
D’sa douc’ voix :
“Ah ! sacré nom ! t’as tant d’vaillance
Que je te trouve l’air Dunois,
T’as l’air Dunois”.

6 – Par un étrange phénomène,
Voilà qu’il eut un héritier,
Un héritier.
Et pour prouver qu’c’était d’sa graine,
On en fit d’suite un p’tit troupier,
Un troupier.
Dans des bataill’s pyramidales,
On voyait l’pèr’ mais pas d’très près,
Pas d’très près,
Et le p’tit ramassait les balles,
Qu’on avait mis là tout exprès,
Tout exprès.

7 – Enfin, pour finir la légende
De c’monsieur qu’on croyait César,
Croyait César !
Sous ce grand homm’ de contrebande,
V’là qu’on n’trouve plus qu’un mouchard,
Qu’un mouchard !
Chez c’bonhomm’là, tout était louche,
Et la moral’ de c’boniment,
C’est qu’étant porté sur sa bouche,
Il devait finir par Sedan,
Par Sedan !

Ajouté à la base le 15 février 2023

Par : L'équipe CANTO

Histoire du chant

Auteurs : Paul Burani – Antonin Louis
Date : 1871

La Commune a été proclamée le 26 mars 1871.

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