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Réviser l’épopée napoléonienne avec le chant ? Du sacre à la défaite de Waterloo (2/2)

Publié le : 2 février 2023

Napoléon est sans doute l’un des personnages les plus célèbres de l’histoire. Corse né à Ajaccio sous l’Ancien Régime en 1769, il est devenu, suite à une carrière exclusivement militaire et à beaucoup d’audace et de réussite, général en chef de l’armée de l’intérieur à 26 ans. Il est surtout connu pour avoir été l’Empereur qui a fait trembler l’Europe jusqu’en 1815.

Une telle épopée personnelle et politique a laissé de nombreuses traces dans le chant, en France mais aussi dans les pays conquis.

Napoléon chant populaire
Le sacre de Napoléon par Jacques-Louis David (1808)

Le 2 décembre 1804, Napoléon se sacre lui-même Empereur. L’Empire ne rompt pas pour autant franchement avec les chants révolutionnaires : il existe plusieurs hymnes officiels, dont principalement “Veillons au salut de l’Empire” mais aussi le “Chant du départ” ou encore la “Marche consulaire” (musique sans paroles).

Napoléon doit son ascension militaire et politique à la Révolution, il en partage certains principes (abolition de la féodalité, attachement au “progrès”). Il garde aussi de la Révolution le drapeau tricolore. Son sacre ne laisse pas particulièrement de traces dans le chant populaire.

Rapidement, Napoléon fait face à l’Europe des monarchies. Il subit une première défaite navale à Trafalgar le 21 octobre 1805. Mais le 2 décembre 1805, les armées françaises infligent une sévère défaite aux armées autrichiennes et russes à Austerlitz. Les grenadiers, avec leur fameux bonnet à poils, ont chargé en entonnant un chant de charge : “On va leur percer le flanc“.

Napoléon devient petit à petit le maître de l’Europe. Il conquiert des territoires immenses, soumet des monarchies puissantes, en étant vainqueur à Iéna (1806, Allemagne actuelle), à Auerstedt, à Stettin. Victoires toujours chantées aujourd’hui dans l'”Hymne de l’infanterie de Marine“, au septième couplet.

Les Grenadiers, troupe d’élite que redoute l’Europe entière, ont un chant bien à eux : le chant de l’oignon. La légende veut que le chant soit né peu avant la bataille de Marengo le 14 juin 1800Bonaparte aperçoit des grenadiers qui frottent vigoureusement une croûte de pain. « — Que diable frottez-vous donc sur votre pain? leur demanda-t-il. – C’est de l’oignon, mon général. – Ah ! Très bien, il n’y a rien de meilleur pour marcher d’un bon pas sur le chemin de la gloire ». Et depuis, ils ont fait de l’oignon l’emblème de leur chant favori.

Un grenadier de la garde impériale, par Edouard Detaille

Le tournant pour Napoléon est sa campagne de Russie. Après plusieurs victoires (dont Borodino) et la prise de la ville de Moscou, la Russie ne capitule pas. Pire, le feu ravage Moscou et les Français quittent la ville le 18 octobre 1812. C’est la grande retraite de Russie, dont on garde le souvenir avec la Bérézina, et dont les soldats de l’époque ont laissé quelques traces dans le chant populaire. On a relevé en Alsace plusieurs paroles qui mentionnent “le nez et les oreilles gelées“, ou qu’en Russie “tous nos beaux hommes sont gelés dans la neige“. On estime que lors de la campagne de Russie, côté français, il y a eu 100 000 soldats morts de froid et de faim ! Autant que ceux tués au combat.

La défaite de Russie redonne de la vigueur aux ennemis de Napoléon ; les monarchies se coalisent à nouveau, et parviennent à défaire l’empereur. Napoléon abdiquera le 4 avril 1814, puis partira pour l’île d’Elbe. Paris est occupée par les troupes coalisées contre Napoléon. Pierre-Jean de Béranger en tira à cette époque un chant, sur l’air d’une comptine, intitulé : Gai ! Gai ! Gaulois !

Moins d’un an plus tard, Napoléon débarque dans le sud de la France et entame la fameuse période des “Cent-jours”. Il rallie les armées, gagne Paris, puis la Belgique. Mais ce grand retour fut de courte durée.

La dernière défaite de Napoléon est restée célèbre : Waterloo, le 18 juin 1815. En Belgique, dans la plaine, l’Empire est définitivement vaincu. Eugène Pradel, en 1821, immortalise cet événement dans son chant : “la bataille de Waterloo“.

Napoléon abdique pour la seconde fois le 22 juin 1815 et part en exil sur l’île de Sainte-Hélène, sur laquelle il meurt le 5 mai 1821. Un chant populaire chez les vétérans de la Grande Armée lors de la Restauration, nous parle de ce Rocher de Sainte-Hélène. Il s’inscrit dans les chants nostalgiques de l’épopée napoléonienne.

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