1 – L’air est pur, la route est large,
Le Clairon sonne la charge,
Les Zouaves vont chantant,
Et là-haut sur la colline,
Dans la forêt qui domine,
On les guette, on les attend.
2 – Le Clairon est un vieux brave,
Et lorsque la lutte est grave,
C’est un rude compagnon;
Il a vu maintes batailles
Et porte plus d’une entaille,
Depuis les pieds jusqu’au front.
3 – C’est lui qui guide la fête,
Jamais sa fière trompette
N’eut un accent plus vainqueur,
Et de son souffle de flamme,
L’espérance vient à l’âme,
Le courage monte au cœur.
4 – On grimpe, on court, on arrive,
Et la fusillade est vive,
Et les autres sont adroits.
Quand enfin le cri se jette :
” En marche! A la baïonnette !”
Et l’on entre sous le bois.
5 – A la première décharge,
Le Clairon sonnant la charge
Tombe frappé sans recours;
Mais, par un effort suprême,
Menant le combat quand même,
Le Clairon sonne toujours.
6 – Il est là, couché sur l’herbe,
Dédaignant, blessé superbe,
Tout espoir et tout secours;
Et sur sa lèvre sanglante,
Gardant sa trompette ardente,
Il sonne, il sonne toujours.
7 – Mais sa main qui le refoule,
Suspend un instant la mort,
Et de sa note affolée,
Précipitant la mêlée,
Le vieux clairon sonne encore.
8 – Puis, dans la forêt pressée,
Voyant la charge lancée,
Et les Zouaves bondir,
Alors le Clairon s’arrête,
Sa dernière tâche est faite :
Il achève de mourir.
Par : GT
Auteur : Paul Déroulède
Compositeur : Émile André
Date : 1875
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