1 – Dans la boue les sillons
Sous le ciel gris nous marchons
Malgré la fatigue et la pluie
Malgré la famine et l’ennui
Nous veillons et nous attendons
Que pour nous gronde le canon
Si demain il nous appelait
Nous partirions sans un regret.
2 – La France pleure ses enfants
Tombés là-bas au Levant
Nous garderons leur souvenir
Comme nous voulons bien servir
Nos Anciens du Liban
Nous précèdent en avant
Vivant pour le même horizon
Pour la France nous servirons.
3 – Sous le soleil brûlant
Montaient nos rires et nos chants
Notre sourire était la paix
Pour tous ces enfants qui souffraient
Sur nous des orages d’acier
Sur terre se sont déchaînés
Pour que sous un ciel bas et noir
A jamais meurt tout espoir.
Par : Julien
Ceux du Liban (ou Nos anciens du Liban) est un chant moderne, écrit à la fin des années 80, qui a su s’imposer dans le répertoire. Le sujet traité n’y est pas étranger, puisqu’il décrit le plus terrible attentat commis depuis la guerre d’Algérie : l’attentat du Drakkar. Envoyés au Liban pour une mission de paix, les paras des 1er et 9e RCP cantonnent au Drakkar, un bâtiment de béton. Le 23 octobre 1983, une explosion déchire l’air. Le Drakkar s’est effondré sur lui-même.
Des décombres, les corps de 58 soldats français sont retirés sans vie.
Un autre chant fait référence au Liban : Occident, en avant !
Variante : c. 2, l. 5 : « Partout des orages d’acier » et dans le refrain : « Comme eux nous voulons bien mourir».
Le poste Drakkar
La force française est composée de cadres aguerris et d’appelés volontaires du 1er régiment de chasseurs parachutistes. Ils ont installé un de leurs cantonnements dans l’immeuble Drakkar de huit étages situé dans le quartier de Ramlet El Baida, qu’ils ont baptisé « poste Drakkar » aux coordonnées géographiques suivantes 33° 52′ 10″ N 35° 29′ 17″ E (les différents postes français sont appelés Caravelle, Kayak, Sampan, Boutre, Gondole, etc.).
Déroulement des attentats
À environ 6 h 18 UTC+2, un attentat au camion piégé touche le contingent américain du 1er bataillon du 8e régiments des Marines rattaché à 24e Marine Amphibious Unit (MAU) basé à l’aéroport international de Beyrouth et cause la mort de 241 personnes. Environ deux minutes plus tard, cinquante-huit parachutistes français, de la force multinationale soit 55 parachutistes de la 3e compagnie du 1er RCP et 3 parachutistes du 9e RCP, trouvent la mort dans un attentat similaire : l”attentat du Drakkar entraîne la destruction de l’immeuble qu’ils occupent comme quartier général (surnommé « poste Drakkar », anciennement occupé par les services secrets syriens). Quinze autres sont blessés. Vingt-six militaires sont indemnes. L’explosion d’une charge de plusieurs tonnes d’explosif en serait la cause directe.
Si le déroulement de l’attentat contre le bâtiment des marines américains est bien établi, la reconstitution, du côté français, demeure vague.
L’attaque aurait été réalisée à l’aide d’un camion chargé de plusieurs tonnes d’explosifs dont le conducteur se serait fait exploser sur la rampe d’accès du bâtiment; le camion se serait soulevé dans les airs avant de retomber à sept mètres de distance. À l’inverse, d’autres informations et témoignages laissent entendre que la destruction du poste Drakkar ne serait pas due à l’explosion d’un camion piégé. Selon ces témoignages, l’immeuble aurait pu être miné ; une hypothèse a priori infirmée par l’enquête.
Les réactions
Le casernement des marines à Beyrouth avant sa destruction.
La France et les États-Unis accusent le Hezbollah et l’Iran. Ces derniers démentent.
Le président François Mitterrand se rend sur place le lendemain pour apporter son soutien au contingent français.
En représailles, le Service Action de la DGSE, dirigé par le colonel Jean-Claude Lorblanchés, organise une opération « homo », dans la nuit du 6 au 7 novembre 1983, à l’aide d’une Jeep bourrée de 100 kg d’explosifs devant exploser devant un centre culturel annexe de l’ambassade d’Iran de Beyrouth. L’opération fait “long feu” car un ordre en haut lieu avait été donné à un membre du SA de désamorcer la charge pour que cette action soit un message d’avertissement sans faire de victime. La seconde riposte est l’opération Brochet le 17 novembre 1983 : huit Super-Étendard de la Marine nationale décollant du porte-avions Clemenceau effectuent un raid sur la caserne Cheikh Abdallah, une position des Gardiens de la Révolution islamique et du Hezbollah dans la plaine de la Bekaa, mais ils larguent leurs bombes sur une caserne vide qui avait été évacuée par ses occupants prévenus du raid par une fuite d’un diplomate français proche du ministre des Affaires étrangères Claude Cheysson, opposé à toute riposte militaire.
Imad Moughniyah, considéré comme le responsable des attaques, fut tué dans un attentat à la bombe le 12 février 2008 même si le lien entre ces événements n’a pas été établi.
Aujourd’hui encore, le souvenir de cet attentat demeure vivace et constitue un traumatisme pour l’armée française : de telles pertes subies lors d’une seule attaque n’ont pas été atteintes depuis et l’attentat du Drakkar sert souvent de référence, comme cela a été le cas avec l’embuscade de Surobi de 2008 (l’attaque la plus meurtrière depuis 1983).
Responsables des attentats
L’attentat du Drakkar aurait été un acte de représailles de l’Iran au prêt à l’Irak par la France d’avions de combat Super-Étendard équipés de missiles Exocet et accompagnés de pilotes instructeurs français. À l’origine secrète, cette action aurait été rendue publique par une indiscrétion gouvernementale, ce qui aurait conduit l’Iran à se considérer en guerre avec la France. Selon le général François Cann, qui commandait la Force multinationale de sécurité à Beyrouth (FMSB) à l’époque, une autre raison aurait été l’interruption unilatérale par la France du contrat Eurodif signé avec le Shah d’Iran et gelé au moment de l’arrivée au pouvoir de l’Ayatollah Khomeiny.
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