Sur l’air des crapauds
1 – La lune sereine
Inonde la plaine
Et pas une haleine
Ne trouble la nuit.
L’heure est indécise
Et dans l’ombre grise,
Une onde se brise,
Murmure et s’enfuit.
Un cyprès cisèle
Comme une dentelle,
Sa frondaison grêle
Sur le couchant d’or.
Et la lune moire,
D’un reflet d’ivoire,
La surface noire
De l’étang qui dort.
2 – Les campeurs de France,
Près du feu qui danse,
Songent en silence,
Tous assis en rond.
La flamme qui monte,
Fantastique et prompte,
S’abaisse et remonte
Et dore leurs fronts.
La cendre en guenilles,
Se recroqueville
Et la braise brille
D’un regard mourant.
Le bois se fendille
Et le feu pétille,
Perçant de sa vrille
Le soir expirant.
3 – Soudain, seule et claire,
Monte de la terre
Une voix légère…
On reprend en chœur.
Puis un chant bizarre,
Dont le bruit effare,
Eclate en fanfare
Et sonne vainqueur.
Et dans la clairière,
Entraînante et fière
La chanson guerrière
Fait bondir les cœurs.
Enfin, gracieuse,
Et mystérieuse,
C’est une berceuse
Qui nous rend rêveurs.
4 – Mais la flamme baisse
Le feu qu’on délaisse
Meurt comme en détresse
Et l’ombre s’étend.
Le ciel se veloute
Et la sombre voûte
Lentement se cloute
D’étoiles d’argent.
Alors la prière,
Ardente et sincère,
De nos petits frères,
Vole vers Dieu ;
Tandis qu’à leur mère
Va l’âme légère
Lourde, leur paupière
Clôt bientôt leurs yeux.
Ajouté à la base le 30 juin 2022
Par : L'équipe CANTO
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