(Refrain) Dors mon p’tit Quiquin,
Mon p’tit poussin, mon gros raisin
Tu m’feras du chagrin,
Si tu n’dors point j’squ’à demain
1 – Ainsi l’autre jour une pauvre dentelière,
En berçant son petit garçon,
Qui depuis trois quarts d’heures ne faisait que pleurer,
Tâchait de l’endormir avec une chanson,
Elle lui disait “mon narcisse,
Demain tu auras du pain d’épice,
Des bonbons à gogo, si tu es sage et si tu fais dodo.”
2 – Et si tu me laisses faire une bonne semaine
J’irai dégager ton beau sarrau
Ton pantalon de drap, ton gilet de laine
Comme un petit milord, tu seras faraud !
Je t’achèterai le jour de la ducasse (fête locale)
Un polichinelle cocasse
Un turlututu
Pour jouer l’air du Chapeau-pointu
3 – Nous irons dans la cour, Jeannette-à-Vaques,
Voir les marionnettes comme tu riras
Quand tu entendras dire un sou pour Jacques,
Par le polichinelle qui parle mal
Tu lui mettras dans sa main,
Au lieu d’un sou un rond de carotte
Il te dira merci,
Pense comme nous aurons du plaisir !
4 – Et si par hasard son maître se fâche,
C’est alors Narcisse que nous rirons
Sans en avoir envie, je prendrai mon air méchant,
Je lui dirai son nom et ses surnoms
Je lui dirai des fariboles,
Il m’en répondra des drôles
Enfin, chacun
Verra deux spectacles au lieu d’un
5 – Alors serre tes yeux, dors mon bonhomme,
Je vais dire une prière au petit Jésus,
Pour qu’il vienne ici, pendant ton somme,
Te faire rêver que j’ai les mains pleines d’écus,
Pour qu’il t’apporte une brioche,
Avec du sirop qui coule
Tout le long de ton menton,
Tu te pourlécheras trois heures du long
6 – Le mois qui vient, c’est la fête de St Nicolas,
C’est sûr au soir il viendra te trouver
Il te fera un sermon et te laissera mettre,
En dessous du ballot un grand panier
Il le remplira si tu es sage,
De choses qui te rendront heureux
Sinon son baudet
T’enverra un grand martinet
7 – Ni les marionnettes, ni le pain d’épice,
N’ont produit d’effet ; mais le martinet
A vite calmé le petit Narcisse,
Qui craignait de voir arriver le baudet
Il a dit sa berceuse,
Sa mère l’a mis dans son berceau
A repris son coussin,
Et répété vingt fois le refrain
Ajouté à la base le 28 février 2022
Par : L'équipe CANTO
Le P’tit Quinquin (« Petit enfant ») est une chanson du poète lillois Alexandre Desrousseaux (1820-1892), écrite en 1853 en ch’ti, variante locale du picard, langue régionale des Hauts-de-France. Son titre original est L’canchon Dormoire, autrement dit berceuse (mais aussi une parodie). Mais plus qu’une berceuse, cette chanson illustre la vie intime des ouvrières dans ce Nord du XIXème siècle.
Le P’tit Quinquin est le chant de tradition du 43e régiment d’infanterie.
Le P’tit Quinquin a été chanté pour la première fois à Paris en 1855, et est connu bien au-delà de l’aire linguistique du picard. Simplement écrite à l’occasion des Fêtes de Lille, la berceuse est si populaire qu’elle contribue à souder l’identité culturelle du Nord de la France, au point de devenir la chanson de marche des soldats nordistes partant pour la guerre franco-prussienne de 1870. C’est en quelque sorte l’hymne officieux et populaire de la ville de Lille, sonné par le carillon du beffroi de la chambre de commerce de Lille.
L’interprète récent le plus célèbre du P’tit Quinquin est Raoul de Godewarsvelde (1928-1977).
Source Wikipédia.
Canto est notre trésor commun, en ligne et collaboratif, à emmener partout avec soi, pour chanter tout le temps !
L’abonnement donne accès à la lecture des partitions à leur téléchargement en format PDF, au téléchargement des carnets de chants en PDF ainsi qu’à la lecture en mode hors ligne sur mobile et tablette.