1 – Pour le repos, le plaisir du militaire,
Il est là-bas à deux pas de la forêt
Une maison aux murs tout couverts de lierre
« Aux Tourlourous » c’est le nom du cabaret.
La servante est jeune et gentille
Légère comme un papillon.
Comme son vin son œil pétille,
Nous l’appelons la Madelon
Nous en rêvons la nuit, nous y pensons le jour,
Ce n’est que Madelon mais pour nous c’est l’amour
(Refrain) Quand Madelon vient nous servir à boire
Sous la tonnelle on frôle son jupon
Et chacun lui raconte une histoire
Une histoire à sa façon
La Madelon pour nous n’est pas sévère
Quand on lui prend la taille ou le menton
Elle rit, c’est tout le mal qu’elle sait faire
Madelon, Madelon, Madelon !
2 – Nous avons tous au pays une payse
Qui nous attend et que l’on épousera
Mais elle est loin, bien trop loin pour qu’on lui dise
Ce qu’on fera quand la classe rentrera
En comptant les jours on soupire
Et quand le temps nous semble long
Tout ce qu’on ne peut pas lui dire
On va le dire à Madelon
On l’embrasse dans les coins. Elle dit « veux-tu finir… »
On s’figure que c’est l’autre, ça nous fait bien plaisir.
3 – Un caporal en képi de fantaisie
S’en fut trouver Madelon un beau matin
Et, fou d’amour, lui dit qu’elle était jolie
Et qu’il venait pour lui demander sa main
La Madelon, pas bête, en somme,
Lui répondit en souriant :
Et pourquoi prendrais-je un seul homme
Quand j’aime tout un régiment ?
Tes amis vont venir. Tu n’auras pas ma main
J’en ai bien trop besoin pour leur verser du vin
Par : Vianney A
C‘est en 1914 que Charles–Joseph Pasquier, dit Bach, interprète pour la première fois à l‘Eldorado, à Paris, la chanson Quand Madelon…, composée par Camille Robert et écrite par Louis Bousquet.
La chanson rencontre peu de succès à sa création, mais gagne rapidement en popularité lorsque Sioul, chansonnier mobilisé et cantonné à l‘école Jules–Ferry de Fontenay–sous–Bois, la chante à ses camarades.
Elle devient alors un chant militaire et est fréquemment interprétée par des comiques troupiers, très appréciés durant la Première Guerre mondiale.
Marlène Dietrich l‘a chantée à Paris lors de la célébration du 14–Juillet en 1939, et Line Renaud l‘a interprétée au cinéma.
Elle était également chantée par les soldats à Lyon, pour remercier La Maman des poilus, Clotilde Bizolon, décorée de la Légion d‘honneur en 1925 pour service rendu à la nation.
La musique de la chanson est une marche de fanfare et les paroles, tout en évoquant la misère sexuelle du soldat et son sentiment de séparation, lui proposent des remèdes, à savoir le vin et une servante peu farouche.
Dans le texte, la femme n‘a aucune individualité morale ou physique, et le décor esquissé, à deux pas de la forêt, renvoie à une France rurale et provinciale.
Cet air évoque aussi la ténacité de l’armée française durant la Première Guerre mondiale.
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